Sirop Deschiens
Domaine
Bien-être/SantéThème
PharmacieAnnée de création
1906
Victor Pierre Edmond Deschiens (1880-1957) obtient son diplôme de pharmacien en février1905. L’année suivante, il soutient une thèse préparée au laboratoire du professeur Henri Gautier sur l’acide hypophosphorique et ses sels. S’affranchissant de la collaboration avec Adrian, Victor Deschiens fonde sa société, et ouvre, dès 1906, à Romainville, une usine de production placée sous la responsabilité de son fils.
En 1911, la société obtient un diplôme d’Honneur à l’Exposition Internationale des Industries et du Travail de Turin, Le rapport de M. Armand Valeur, du Comité français des expositions à l’étranger, nous renseigne sur la production et les effectifs.
La maison a pour collaborateur à Paris (9 rue Paul-Baudry), M.Deschiens (Edmond), docteur en pharmacie, lauréat dela Société de pharmacie de Paris et de l’Académie de Médecine et pour collaborateurs à l’Usine de Romainville (29 route de Noisy) dont M. Deschiens est propriétaire: un directeur, un sous-directeur, un chimiste, un contremaître et un personnel de 70 ouvriers et ouvrières.
La maison fabrique les produits suivants :
Sirop d’hémoglobine Deschiens
Vin d’hémoglobine Deschiens
Élixir d’hémoglobine Deschiens
Granules d’hémoglobine Deschiens
Dragées d’hémoglobine Deschiens
Holosther (extrait osseux opothérapique)
La fabrique annuelle se monte à 30 000 kg d’hémoglobine, dont la moitié va à l’étranger.
Bien que l’utilisation de dérivés du sang en thérapeutique ait été progressivement abandonnée après la deuxième guerre mondiale, deux produits ont été commercialisés en France jusqu’en 1991
L’HÉMOGLOBINE DESCHIENS SIROP et l’HÉMOGLOBINE VITAMINÉE B12 DESCHIENS SIROP, dernier produit mis sur lemarché dans les années 1960.
Ci-dessous, le témoignage d'un internaute envoyé sur le site
De la part de Jean-François Demange
En qualité d'ancien cascadeur, je tiens à vous informer d'une utilisation inattendue de ce produit.
Le cinéma noir et blanc des origines utilisait du cacao pour imiter le sang. Depuis sa création, l'hémoglobine Deschiens a détrôné le sirop de chocolat pour "décorer" des pansements, des lames de poignard et autres haches, des impacts de balles ou de flêches, ce sirop avait l'avantage de se mettre en bouche sans danger, pour donner l'impression qu'un personnage crachait du sang.
L'hémoglobine Deschiens est étroitement liée à l'histoire du cinéma français, elle a seulement été détrônée, dans les années 60, par l'héoglobine de spectacle que l'on doit au maquilleur Dick Smith. Hélas, sa mixture composée de colorant alimentaire, sirop de maïs, oxyde de zinc et Photo-Flo, cocktail parfois agrémenté de liquide vaisselle, était une solution toxique ne devant pas être en contact avec les muqueuses des comédiens.
Depuis, le "faux sang" a fait des progrès, mais tous les vieux cascadeurs, les maquilleurs aussi, garderont à jamais le souvenir ému de la bonne vieille Hémoglobine Deschiens !
Très cordialement,
Jean-François Demange a été pendant 35 ans cascadeur et conseiller historique dans le cinéma. Spécialisé dans les films de cape et d'épée, il figure au générique d'une trentaine de longs métrages comme "La Reine Margot", "Merci la vie", "Cartouche" ou encore "L'homme au masque de fer". Escrimeur et cavalier émérite, sur les plateaux de cinéma il a côtoyé Gérard Depardieu, Léonardo Dicaprio ou Frédéric Diefenthal.
De ces années passées dans le cinéma puis dans les spectacles de music hall il a gardé prés de 350 costumes, épées, boucliers, armures et casques en tout genre. Aujourd'hui s'il a délaissé les cascades et s'est retiré à Bustince-Iriberry un petit village prés de Saint-Jean-Pied-de-Port, il se sert de cette vaste collection pour créer des expositions ou des évènements historiques. Et quand il lui arrive de manquer d'accessoires il les fabrique !
Sa dernière exposition à Saint-Jean-Pied-de-Port est consacrée au chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il y a reconstitué le quotidien des pèlerins. Il a porté un intérêt tout particulier au "bourdon", le bâton de marche traditionnel des pèlerins. Très répandu au moyen âge sa fabrication avait disparu, il a décidé d'en relancer la production. Avec l'aide d'un ébéniste il fabrique en moyenne une cinquantaine de ces bâtons de bois chaque année.
Toujours passionné par l'Histoire, et particulièrement par les époques où l'on aimait croiser le fer, depuis son arrivée au pays basque il a écrit plusieurs livres sur les batailles qui y ont fait rage et sur ses forteresses.

